C’est ce mardi que doit être entériné ou pas un accord sur le programme nucléaire iranien. Il ne devrait pas y avoir de nouveau report à l’issue de cette ultime journée de négociations. Quelques signes indiquaient ce lundi qu’on se préparait à un événement historique.
Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annulé un déplacement prévu ce mardi à Nantes. D’ultimes arbitrages politiques et l’imminence d’une annonce l’ont conduit à prolonger son séjour à Vienne où l’Américain John Kerry et l’Iranien Javad Zarif négocient les dernières lignes d’un compromis historique depuis une semaine, en contact étroit avec les autres membres du G5+1. Ces dernières heures, les signaux sont passés de l’orange au vert.
Intérêts bien compris
Après avoir ferraillé pendant des mois, les négociateurs iraniens et occidentaux semblent avoir envie d’en finir une fois pour toutes. Les jeux sont faits. L’Iran va sans doute obtenir, à l’issue de la journée, une levée des sanctions en échange d’un certain nombre d’engagements sur son programme nucléaire. Un accord basé non pas sur la confiance mais bien sûr le contrôle et aussi sur les intérêts bien compris de chacune des parties.
Une partie de billard à trois bandes qui exaspère tous ceux qui peinent à percer les arrière-pensées de chacun des protagonistes. Au premier rang desquels, Israël et l’Arabie saoudite. Ce qui préoccupe les opposants à l’accord, ce sont ses annexes techniques qui doivent régler la question des stocks d’uranium mais aussi celle de la recherche et du développement dans le domaine nucléaire. Le diable pourrait se nicher dans les détails. Les experts et diplomates ont préparé un texte de 20 pages, mais selon les négociateurs iraniens il y aurait cinq annexes, soit 70 pages, qui compléteraient le document principal.
L’Amérique reste l’ennemi
Signe que les derniers obstacles ont été levés, les grandes puissances et Téhéran auraient, selon des indiscrétions, enfin élaboré un projet de document sur le rythme et le calendrier de l’allégement des sanctions qui pèsent sur l’Iran. C’était l’un des points les plus litigieux et laborieux de ces derniers mois. Lors du précédent round de discussion à Lausanne, en avril, les négociateurs s’y sont en partie cassé les dents. «La plupart des questions relatives aux sanctions de l’Iran ont été résolues, et quatre ou cinq questions restent en suspens, notamment le point important de s’assurer que chacune des étapes franchies par les deux parties corresponde effectivement à ce qui a été voulu et qu’elles se produisent en même temps», a commenté hier Abbas Araghchi, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères iranien.
A Téhéran, l’idée d’un accord semble tellement acquise que le général de brigade commandant des forces terrestres, Ahmad Reza Pourdastan, a jugé utile de monter en première ligne pour faire une mise au point. De manière fracassante, il a rappelé que l’enthousiasme qui pourrait accompagner l’annonce, pour lui désormais inéluctable, d’un compromis ne devait pas faire oublier que l’Amérique restait l’ennemi. «Les Etats-Unis ne seront jamais perçus positivement en Iran, même si un accord est signé avec les puissances mondiales sur le programme nucléaire de la République islamique», vient-il de déclarer.
(24 heures)



