L’accord trouvé lundi matin à Bruxelles entre la Grèce et ses créanciers a agité les utilisateurs de Twitter toute la journée. Les réseaux sociaux se sont enflammés contre l’Allemagne, jugée autoritariste, avec le hashtag #ThisIsACoup («Ceci est un coup d’Etat»). Dans la nuit de dimanche à lundi, le mot-clé a été tweeté des centaines de milliers de fois, associant fréquemment l’image de l’Allemagne ou de l’Union européenne au régime nazi. Les internautes n’ont pas fait dans la nuance pour commenter l’accord et caricaturer les Allemands.
thiS is more than a coup. This is history repeating itself. This is #worldwar3 #ThisIsACoup pic.twitter.com/JiwGOn62gx
— SOPHIA (@SOPHIAOFTROY) July 13, 2015
Des drapeaux de l’UE ont été floqués d’une croix gammée et le portrait du très impopulaire ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a été affublé d’une moustache hitlérienne.
Le cofondateur du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a cependant estimé que la situation n’avait «rien de comparable avec la Seconde Guerre mondiale». Avant d’ajouter sans nuance: «On ne parle pas de la même idéologie, mais c’est toujours le même esprit de système, la même arrogance, le même aveuglement qui fait qu’on en est là. Pour la troisième fois dans l’histoire, l’obstination d’un gouvernement allemand est en train de détruire l’Europe.»
Le fameux tweet a notamment été repris par le Prix Nobel d’économie 2008, l’Américain Paul Krugman, estimant que «le mot-clé #ThisIsACoup est tout à fait juste». L’économiste n’a pas caché son incompréhension face aux mesures draconiennes imposées à la Grèce. Selon lui, elles relèvent de la «pure vengeance, de la destruction de toute souveraineté nationale», et mettent la Grèce «face à une offre qu’elle ne peut refuser».
Parmi les utilisateurs du mot-clé figurent également le leader du parti anti-austérité espagnol Podemos Pablo Iglesias. Ce grand ami du Grec Alexis Tsipras a partagé «tout (son) soutien au peuple grec et à son gouvernement contre les mafieux».
Dans la journée, plusieurs journaux, notamment le britannique The Telegraph, ont tenu à raisonner la virulence des propos trouvés sur les réseaux sociaux. «Angela Merkel et son gouvernement sont responsables du peuple allemand, dont les taxes sont au cœur de l’accord. La chancelière fait un travail qui est le sien dans le système démocratique allemand, et elle sera tenue pour responsable de ses actes par les politiciens allemands ainsi que par ses électeurs.»
Au-delà de la critique de l’accord ou des réformes imposées à la Grèce, le débat sur les réseaux sociaux a mis en charpie l’image d’une Europe unie. (24 heures)



