Afrique: L’«obamamania» s’est emparée du Kenya

 

Depuis un mois, l’«obamamania» s’est emparée du Kenya. De Mombasa, sur la côte est, jusqu’à Kogelo, on couvre les rues du portrait du président américain, on achète des tee-shirts à son effigie.

Le président des Etats-Unis doit en effet arriver aujourd’hui dans le pays natal de son père pour assister à la sixième édition du Sommet global pour l’entreprenariat (GES). Pour sa venue, Nairobi a fait peau neuve. Les façades de la capitale ont été repeintes et les routes, rénovées. Les grandes marques du pays jouent à fond sur le retour de l’enfant prodige. «Président Obama, bienvenue au pays de Tusker», annonce ainsi une affiche commerciale sur l’une des grandes artères de Nairobi, vantant les mérites de la bière nationale.

 Des signatures de contrat sont attendues en marge du sommet, organisé chaque année depuis 2010 par la Maison Blanche pour mettre en valeur les jeunes entrepreneurs des pays en développement. Notamment dans les domaines de l’énergie et des nouvelles technologies. Le président des Etats-Unis veut également renforcer les liens sécuritaires unissant les Etats-Unis au Kenya, durement touché par l’attaque du groupe shebab contre l’Université de Garissa en avril, qui a fait plus de 140 morts.

Barack Obama est Américain. Mais pour les habitants de Kogelo, le petit village de l’ouest du pays où habite encore sa grand-mère, Sarah Obama, âgée de 94?ans, et nombre de ses cousins, il reste un membre de l’ethnie luo, dont est issu son père. Et tant pis si le président des Etats-Unis n’est venu que trois fois dans sa vie au Kenya, et qu’il n’ira finalement pas au village familial, pour des raisons de logistique.

«Je suis fier que le premier président noir américain soit un Luo, explique Andrew Awili, photographe de 26?ans. Il est éloquent. C’est l’une de nos caractéristiques. Ça se voit dans la manière dont il parle, dont il marche, dont il dit bonjour à tout le monde. Il tient ça de son père!»

Mais Barack Obama n’a pas que des amis au Kenya. Le président américain a prévu de s’exprimer sur le droit des homosexuels durant sa visite, mettant en rage les évangélistes du pays. «En tant que chrétienne, je considère l’homosexualité comme une abomination», affirme Rebecca Etuku, évangéliste travaillant dans le conseil financier à Nairobi. «Si Obama prévoit de s’exprimer sur le sujet, je serai très en colère, et tous les Kényans aussi. J’espère que les gens descendront dans la rue pour manifester.» Un obscur parti politique a même menacé de faire descendre 5000 militants dans la rue, totalement nus, afin de montrer à Barack Obama la différence entre un homme et une femme.

De leur côté, les habitants de Nairobi se plaignent déjà des bouchons monstrueux qui vont totalement paralyser le centre-ville. Quelque 13?000 agents de sécurité et militaires kényans ont été mobilisés. La presse publie depuis plusieurs semaines des photos des véhicules blindés débarquant à l’aéroport international Jomo Kenyatta. La voiture d’Obama, analysée sous les moindres aspects, a même été rebaptisée «tank à quatre roues» par le quotidien The Star.

(24 heures)