Barack Obama doit participer au sommet mondial de l’entrepreneuriat dans la capitale Nairobi.
Il a donné une brève accolade à son homologue Uhuru Kenyatta, avant de saluer un parterre de responsables kényans avec lesquels se trouvait sa demi-soeur Auma. Il a ensuite signé un livre d’or, avant de quitter l’aéroport.
Une partie de Nairobi sera complètement verrouillée jusqu’à dimanche soir et son départ vers l’Ethiopie et le siège de l’Union africaine.
Sommet sur l’entrepreneuriat
Le président américain doit prononcer samedi un discours lors du sommet sur l’entrepreneuriat et s’entretiendra avec Uhuru Kenyatta des questions économiques, sécuritaires et de respect des droits humains.
«L’Afrique est un lieu de dynamisme incroyable, où se trouvent certains des marchés les plus en croissance au monde, des gens extraordinaires, d’une résilience extraordinaire», a-t-il déclaré avant de partir de Washington.
Les shebab, source d’inquiétude
Sur le plan sécuritaire, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, constituent la principale source d’inquiétude: ils ont mené au Kenya des attaques de grande ampleur, comme la tuerie du centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 (67 morts), et le massacre à l’université de Garissa (nord-est) qui a coûté la vie à 148 personnes en avril.
Le commandant de la police de Nairobi, Benson Kibue, a annoncé que 10’000 policiers, un quart des effectifs nationaux, avaient été déployés dans la ville.
Redorer une image ternie
L’excitation monte depuis plusieurs semaines au Kenya autour de cette visite. Uhuru Kenyatta espère lui-même qu’elle aidera le pays, première économie régionale, à redorer une image ternie ces dernières années par les problèmes sécuritaires et à s’affirmer comme une plaque tournante sur le continent.
Les autorités de Nairobi ont lancé une grande campagne d’embellissement à l’approche de la visite: les nids-de-poule ont été rebouchés, les rues balayées, le marquage des routes repeint et de nouveaux trottoirs ont été construits ces dernières semaines.
Inculpation de Kenyatta par la CPI
La visite du président Obama au Kenya a longtemps été empêchée par l’inculpation du président Kenyatta par la Cour pénale internationale (CPI) pour son rôle présumé dans des violences postélectorales fin 2007-début 2008. Ces poursuites ont été abandonnées en décembre, à cause de l’obstruction du gouvernement kényan, selon la procureure de la CPI.
M. Kenyatta a affirmé que son vice-président, William Ruto, lui-même toujours poursuivi par la CPI pour crimes contre l’humanité et ouvertement homophobe, serait présent lors des réunions avec Barack Obama.
Les droits des homosexuels devraient être abordés pendant la visite, bien que le président kényan ait affirmé que la question n’était pas officiellement «au programme».
Combat contre le terrorisme, «thème central»
«Le combat contre le terrorisme sera le thème central. Nous avons travaillé en étroite coopération avec les services américains», a-t-il précisé. Nairobi avait été en 1998 le théâtre d’un attentat meurtrier d’Al-Qaïda contre l’ambassade américaine, faisant 224 morts.
«Le président américain est une cible de premier plan, donc un attentat, ou même une tentative, permettrait aux shebab d’être sur le devant de la scène», a averti Richard Tutah, expert en sécurité basé à Nairobi. (ats/Newsnet)



