Après avoir ouvert «les bras de l’Allemagne» aux réfugiés, «Mama Merkel» a réintroduit des contrôles à ses frontières et «assène» par cette décision un «coup à Schengen», estime lundi la presse française.
«La parenthèse enchanteresse de +Mama Merkel+ ouvrant les bras de l’Allemagne à tous les réfugiés syriens demandeurs d’asile est terminée», résume Dominique Garraud dans la Charente Libre.
Cette décision est un «véritable ultimatum à ses partenaires, le forcing allemand est sans doute nécessaire pour que l’Union européenne surmonte ses désaccords et ses défaillances sur l’accueil, la sélection et la répartition des migrants candidats à l’asile», analyse-t-il.
Matthieu Verrier abonde dans ce sens dans la Voix du Nord: «Merkel avait donné un coup de canif au traité de Dublin en refusant de renvoyer les migrants dans le pays par lequel ils étaient entrés en Europe. Elle assène, avec sa dernière décision, un coup à Schengen».
Elle donne le tempo en Europe
Le retour des contrôles aux frontières intervient la veille d’un nouveau Conseil européen et «la décision allemande pousse un peu plus le système Schengen au bord du précipice». L’Europe est à la merci des brusques coups de volant de +maman Merkel+«, juge-t-il.
«En suspendant temporairement les accords de Schengen, Berlin ne remet pas en cause l’idée d’une Europe ouverte, elle reprend simplement son souffle. Afin de s’occuper dignement des réfugiés déjà sur son sol et d’oeuvrer plus sereinement à la recherche d’une solution durable», considère Pascal Coquis (Dernières Nouvelles D’Alsace).
Avec cette décision prise sans concertation européenne, Angela Merkel «a pris l’habitude de donner le tempo en Europe», selon Alain Dusart (l’Est Républicain). La chancelière «se sent pousser des ailes. Certains y voient de l’arrogance, d’autres une inclinaison hégémonique agaçante… Dans tous les cas, l’Allemagne sûre de sa toute puissance, risque de se prendre les pieds dans le tapis à force d’imposer sa vision unilatérale».
Plus de lits
Mais, Mme Merkel, «a dû capituler devant la réalité: son pays est au bord de la rupture et l’opinion risquait de ne plus la suivre. Certains conservateurs dénoncent même une grave erreur de jugement de sa part», écrit Pierre Frehel dans le Républicain Lorrain.
Enfin, Libération, revient longuement sur l’accueil des réfugiés à Munich «qui a accueilli tant bien que mal 63’000 personnes depuis le 31 août «et dont le préfet se demande» première la fois comment (il) va s’en sortir». Dans la ville la plus riche d’Allemagne, il n’est «plus possible de trouver des lits : certains réfugiés dorment sur des tapis de sol et des Munichois apportent des sacs de couchage. Voilà qu’on envisage d’ouvrir les installations olympiques».
(afp/nxp)



