L’accord annoncé samedi pour enrayer l’escalade entre Palestiniens et Israéliens a connu son premier accroc lundi. La fondation islamique administrant l’esplanade des Mosquées à Jérusalem a accusé Israël de vouloir appliquer l’accord comme il lui plaisait.
La querelle porte sur l’installation de caméras sur l’esplanade, épicentre des violences auxquelles sont en proie Jérusalem, les Territoires palestiniens et Israël. Des violences qui ont réveillé le spectre d’une nouvelle intifada.
Caractérisées par des attaques à l’arme blanche de la part de Palestiniens isolés contre des soldats, policiers et civils israéliens, ces agressions se répètent chaque jour. Un Palestinien a grièvement blessé un Israélien de 19 ans au nord d’Hébron en Cisjordanie occupée avant d’être abattu par des soldats, a rapporté l’armée israélienne.
Devant le risque d’un embrasement généralisé dont l’étincelle viendrait de l’esplanade, les Etats-Unis ont présidé samedi à un arrangement entre Israël, qui contrôle les accès au site, et la Jordanie qui est la gardienne des lieux saints à Jérusalem. Israël a accepté la mise en place d’une vidéosurveillance 24H/24 sur l’esplanade.
Ces caméras dissuaderaient les provocations de la part de juifs ou de musulmans et, si elles se produisaient, établiraient les responsabilités.
Délicat à mettre en oeuvre
Seulement, «lorsque nous avons commencé l’installation ce matin, la police (israélienne) est arrivée et a stoppé le travail en disant que c’était interdit», a dit cheikh Azzam al-Khatib, chef de la fondation islamique Waqf, qui administre l’esplanade sous les auspices de la Jordanie.
Le Waqf a condamné «avec vigueur l’ingérence israélienne». «Nous considérons cette affaire comme la preuve qu’Israël entend installer des caméras qui servent uniquement ses intérêts, et non pas ceux de la vérité et de la justice», a-t-il dénoncé.
Interrogée, la police israélienne n’a pas commenté ces accusations. Celles-ci illustrent combien tout nouvel arrangement sur l’esplanade est délicat à mettre en oeuvre.
Par ailleurs, la classe politique israélienne a marqué lundi le 20e anniversaire, selon le calendrier juif, de l’assassinat du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin, un des grands artisans des Accords d’Oslo. Il a été tué le 4 novembre 1995, à 73 ans, par un fanatique juif orthodoxe, Yigal Amir. (ats/nxp)



