«Le centre demeure sous tension et son personnel s’est retiré du site pour des raisons de sécurité. Un groupe de détenus continue de s’agiter et de provoquer des dégâts». C’est par ces propos peu rassurants que le ministère australien de l’Immigration commentait ce lundi la situation régnant dans le centre de rétention de l’île Christmas, où une émeute a éclaté après la découverte, dimanche au pied d’une falaise, du corps d’un requérant d’asile qui avait tenté de s’enfuir la veille.
Selon les médias australiens, l’homme était un Kurde iranien du nom de Fazel Chenegi. «Comme beaucoup d’autres, Fazel souffrait des effets d’une longue détention arbitraire», dénonçait hier Ian Rintoul dans le Sydney Morning Herald.
Politique hyper-restrictive
Pour bien comprendre ce qui se passe sur l’île Christmas, il faut rappeler que le centre de rétention qui a été construit à prix d’or depuis 2001 fait partie du dispositif mis en place par l’Australie pour appliquer sa politique d’immigration hyper-restrictive.
De fait, il accueille certains des requérants d’asile qui – en dépit des refoulements en mer systématiques conduits par la marine – parviennent malgré tout à atteindre les côtes australiennes.
Le Guantanamo australien
Située à 1600 km des côtes nord ouest du continent, Christmas Island est plus proche de Java que de l’Australie. Surnommé le Guantánamo australien, son centre de rétention voit de plus en plus se côtoyer des requérants d’asile et des condamnés de droit commun étrangers dont le titre de séjour a été révoqué et sont en attente de renvoi.
Selon un détenu néo-zélandais, interviewé par le groupe de médias ABC, l’émeute a éclaté quand droits communs et requérants d’asile ont uni leurs forces. «Tout est alors parti en vrille», a-t-il raconté.
Le député d’opposition néo-zélandais Kelvin Davis, qui s’était rendu sur l’île le mois dernier, a affirmé de son côté avoir été informé que l’émeute avait éclaté après qu’un détenu avait été frappé par un gardien. Il posait des questions sur le décès du requérant d’asile kurde.
Accusation d’Amnesty International
Ce nouvel épisode mettant en cause la politique migratoire de Canberra intervient quelques jours après la publication par Amnesty International d’un rapport accusant les autorités australiennes de payer les passeurs pour qu’ils s’en retournent à leur point de départ avec leurs bateaux chargés de requérants d’asile.
(TDG)



