Le suspens aura duré jusqu’au bout. Mais cette fois, ça y est: « L’accord de Paris sur le climat est accepté!», a dit Laurent Fabius à la tribune à 19h28 ce samedi, emporté par une salve d’applaudissements.
Débutée il y a deux semaines, la 21e Conférence des parties sur le climat (COP21) s’achève sur un succès retentissant. Mais que de rebondissement avant de parvenir à cet accord ! La journée que nous venons de vivre ce samedi résume à elle seule la dramaturgie d’une Conférence où espoirs et crispations ont valsé ensemble sur un rythme effréné.
Ce matin, vers 11h45, Laurent Fabius présente un projet d’accord final sur le climat et donne rendez-vous aux délégations, à 15h45 pour approbation. Dans les couloirs du Bourget, les premières réactions se montrent positives. «C’est un moment historique, se félicite Michael Jacobs, Senior Adviser for the New Climate Economy project, lors d’un point presse. Les gouvernements du monde entier ont enfin compris ce que la science leur dit depuis longtemps: nous devons agir maintenant pour garantir la sécurité du climat. Aujourd’hui ils se sont engagés à agir – et à agir ensemble.»
Dans un communiqué, Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International dit alors «cet accord ne nous sortira pas de l’ornière où nous sommes, mais il peut nous aider à nous désembourber».
Mais, espérées à 15h45, les délégations n’entrent dans la salle plénière qu’à 17h30, avec presque deux heures de retard sur l’horaire. Puis, pendant plus de deux heures, elles patientent sous l’œil incrédule des caméras. En coulisse, la rumeur de l’apparition d’un dernier point de tension au moment de conclure grandit. Une inquiétude renforcée lorsque Laurent Fabius, le président de la COP21, quitte la tribune, en compagnie de Laurence Tubiana, Ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique.
Finalement, à 19h20 Laurent Fabius remonte sur scène. Après quelques précisions et corrections, le président lève son marteau: «L’accord sur le climat de Paris est accepté!» Un moment historique. Depuis le Protocole de Kyoto, les Etats n’étaient jamais parvenus à s’accorder sur un nouveau texte. Surtout, Kyoto ne comptait dans ses rangs qu’une poignée de pays et pas les plus polluants – Etats-Unis et Chine en tête.
L’accord de Paris, lui, est approuvé par 195 pays et l’Union européenne. Il ouvre une nouvelle voie dans la lutte contre le réchauffement climatique. Son objectif ? Limiter le réchauffement climatique «bien en-dessous de 2 degrés et si possible de 1,5 degré». Le texte fixe à 100 milliards de dollars par an le montant «plancher» de l’aide climatique aux pays en voie de développement pour l’après 2020. (24 heures.ch)



