Edward Snowden, l’Américain à l’origine du scandale des écoutes de la NSA exilé à Moscou, a laissé entendre cette semaine que le FBI a bien les moyens d’accéder aux données de l’iPhone d’un des terroristes de San Bernardino, contrairement à ce qu’affirme l’agence.
Interrogé à ce sujet en vidéo dans le cadre de la conférence du groupe de réflexion «Common Cause» (Cause commune), le lanceur d’alerte a répondu: «le FBI affirme qu’Apple a les moyens exclusifs de déverrouiller le téléphone. Avec tout mon respect, ce sont des conneries».
L’autorité américaine est entrée dans un conflit judiciaire très médiatisé ces dernières semaines avec le géant Apple, après avoir annoncé que seule l’entreprise californienne pouvait désactiver certaines protections du smartphone du tireur. L’objectif: s’assurer que son contenu ne «s’auto-efface» pas après 10 mauvais mots de passe, rappelle le Guardian.
Du bluff, selon ses partisans
Edward Snowden a twitté plus tard dans la soirée un post de blog d’un groupe américain de défenses des libertés civiles (ACLU) accusant l’agence fédérale de mensonge: «Le consensus technologique global est contre le FBI. Pourquoi? Voici un exemple».
L’auteur de l’article expose les détails techniques qui permettraient au FBI, selon lui, d’accéder aux données en question sans l’aide d’Apple. Il estime que l’agence, sous couvert de lutte anti-terroriste, cherche à obtenir des informations cruciales de la marque à la pomme.
Un cas «sans précédent»
Pour mémoire, une juge américaine a exigé il y a quelques semaines qu’Apple aide le FBI à accéder au contenu crypté de l’iPhone 5C d’un homme responsable, avec sa complice, de la mort de 14 personnes début décembre à San Bernardino (Californie).
Dans son jugement, la juge demande notamment à Apple de fournir un logiciel utilisable seulement sur cet appareil précis, et permettant aux enquêteurs de contourner l’effacement automatique des données.
La requête est «sans précédent» et «menace la sécurité» des clients d’Apple a affirmé son patron Tim Cook dans une longue lettre postée sur le site internet de l’entreprise le 16 février dernier. (nxp)



