Législatives en Espagne: Podemos s’allie avec l’extrême gauche

Podemos, par cette alliance, veut supplanter le parti socialiste, seconde force politique de l’Espagne.

L’alliance doit encore être approuvée par les bases des deux partis et de nombreux détails doivent être négociés cette semaine. Mais les deux formations, Podemos, fondé en 2014, et Izquierda Unida (IU), héritier du Parti communiste espagnol, qualifient déjà d’historique leur «pré-accord» conclu lundi soir.

«Nous irons ensemble aux élections pour les remporter. Et je m’attends à ce que nos militants, comme ceux d’IU, réagissent à cette opportunité historique en participant avec enthousiasme», a déclaré mardi le chef de Podemos, Pablo Iglesias, dans une interview à la radio.

Pablo Iglesias, 37 ans, et le télégénique Alberto Garzon, 30 ans, ont mis en ligne sur les réseaux sociaux une vidéo de leur accolade sur la Puerta del Sol, la place de Madrid où était né il y a cinq ans le mouvement des indignés contre l’austérité.

Changement des rapports de force

Sur la base des résultats du scrutin de décembre, l’alliance de deux formations pourrait en théorie reléguer en troisième position le Parti socialiste (PSOE). Ce dernier avait obtenu plus de 5,5 millions de voix, derrière le Parti Populaire au pouvoir qui en avait remporté 7,2 millions.

Podemos et ses alliés avaient recueilli 5,18 millions de votes et 69 sièges. Et Izquierda Unida (écolo-communiste) plus de 900’000 suffrages, mais seulement deux sièges. Tous les sondages réalisés depuis ont noté une baisse des intentions de vote pour Podemos et une progression d’IU.

Pablo Iglesias s’est donc résolu à s’allier avec un parti qu’il qualifiait l’an dernier de «schtroumpf grognon» de la gauche. Il l’accusait de «porter malheur» avec un programme trop radical qui effrayait l’électorat.

Un succès de leur alliance pourrait changer le rapport de forces entre droite et gauche. Si le Parti socialiste continue à perdre des voix comme il le fait depuis des années, il pourrait se résoudre à gouverner avec eux.

«Nous aurons besoin du PSOE»

«Pour gouverner, nous aurons besoin du PSOE. Nous voulons un accord avec le PSOE», a assuré mardi Pablo Iglesias.

Les élections de décembre dernier avaient mis fin à la division traditionnelle du Parlement en deux blocs, conservateurs et socialistes, en faisant émerger Podemos et les libéraux de Ciudadanos. Mais ces quatre formations ont été incapables de former une coalition de gouvernement, obligeant les Espagnols à retourner aux urnes dans un peu plus d’un mois. (ats/nxp)