L’accident met en lumière la vétusté du système ferroviaire régional, que l’Italie annonce vouloir améliorer à hauteur de 1,8 milliard.
«C’est l’un des systèmes les moins évolués et les plus risqués», a déclaré mercredi le ministre des Transports devant le Parlement en évoquant le système prévalant sur le tronçon entre Corato et Andria, constitué d’une voie unique sur laquelle les chefs des gares doivent se mettre d’accord par téléphone pour laisser passer un train.
«Réservé aux aventuriers»
Graziano Delrio a annoncé «1,8 milliard d’euros supplémentaires» (1,96 milliard de francs suisses) pour le réseau ferroviaire régional. Un réseau dont la vétusté est abondamment critiquée en Italie qui ne dispose, hors des connexions entre grandes villes, que de trains lents et techniquement dépassés, surtout dans le Sud.
«Prendre le train dans les régions méridionales des Pouilles, de Calabre, de Campagnie, de la Basilicate et de Sicile est un projet réservé aux aventuriers», a ainsi écrit l’auteur de Gomorra Roberto Saviano sur sa page Facebook, demandant au président du Conseil Matteo Renzi de prendre le problème à bras-le-corps.
27 morts et 52 blessés
Devant les députés, le ministre des Transports a aussi indiqué un bilan de 27 victimes, prenant en compte la possibilité de quatre disparus évoquée par la préfette de la province où a lieu l’accident. Lors d’une conférence de presse peu auparavant, le directeur général de l’hôpital de Bari Vitangelo Dattoli avait annoncé 23 morts dont 22 identifiés.
L’accident, d’une violence extrême selon les secouristes, a également fait 52 blessés, dont 24 sont toujours hospitalisés, selon Giovanni Gorgoni, responsable de la santé pour la région des Pouilles.
Les familles à l’épreuve
Le travail d’identification des victimes est particulièrement éprouvant pour les familles, celles-ci devant parfois se limiter à reconnaître un tatouage ou un signe particulier sur des débris humains.
«Un grand nombre d’entre elles ne pourront identifier les victimes que de manière indirecte à cause de leur état. Le choc a été terrifiant», avait ainsi confié en début de journée l’un des médecins légistes.
«Il y a beaucoup de jeunes parmi les victimes, nous essayons de nous mettre dans la peau de ces personnes qui cherchent à comprendre si leurs proches sont parmi les victimes. Ce n’est pas facile pour nous non plus», a déclaré à la presse Maria Storelli, une des psychologues mobilisés pour soutenir les familles.
Trois enquêtes ouvertes
Pour comprendre le drame, trois enquêtes ont été ouvertes: une de la justice, une du ministère des Transports et une de la société des chemins de fer, Ferrotramviaria, qui exploite la ligne.
«Nous avons mis à disposition des autorités judiciaires tous les registres des communications entre les gares. Nous avons toutes les informations, mais maintenant elles doivent être analysées», a déclaré le directeur général de Ferrotramvia Massimo Nitti lors d’une interview à une télévision locale, TeleNorba.
Fabrication thurgovienne
Mardi, l’on a appris que la composition de l’un des trains a été fabriquée par l’entreprise thurgovienne Stadler Rail, comme l’a précisé sa porte-parole Marina Winder lors de l’émission de la télévision alémanique SRF «10vor10». (ats/nxp)



