Un an après la mort de centaines de pèlerins dans une gigantesque bousculade près de La Mecque, l’Arabie saoudite a pris de nouvelles mesures pour tenter de contrôler les mouvements de foule lors du hadj. Le pèlerinage annuel débute cette semaine, à une date encore non fixée.
D’importantes mesures de sécurité après l’attentat suicide qui a coûté la vie à quatre soldats début juillet dans la ville sainte de Médine sont aussi au programme. Le plus grand rassemblement annuel des musulmans voit quelque deux millions de fidèles se recueillir sur les lieux les plus sacrés de l’islam.
Image du pays
Gardienne des lieux saints de l’islam, l’Arabie saoudite met sa réputation en jeu dans l’organisation du hadj, l’un des cinq piliers de l’islam. Chaque musulman doit l’accomplir au moins une fois dans sa vie s’il en a les moyens physiques et financiers.
La réputation du royaume wahhabite a été sérieusement ternie par le désastre de 2015, qui a fait 769 morts selon le bilan des autorités saoudiennes, soit la bousculade la plus meurtrière depuis celle survenue dans un tunnel reliant Mina à La Mecque en 1990 (1426 morts).
Mais un décompte officieux des décès dans les pays ayant rapatrié les corps montre que le bilan a dépassé les 2000 morts. Parmi les victimes plus de 400 pèlerins étaient iraniens.
L’Iran boycotte
L’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite, a vivement critiqué Ryad pour sa gestion du drame. Et elle a dénoncé l’incompétence des autorités du royaume.
Après des négociations avec le royaume sunnite, la République chiite a annoncé en mai dernier que ses ressortissants ne participeraient pas au pèlerinage, accusant Ryad ne pas garantir leur sécurité et dénonçant un «sabotage» de la part des Saoudiens. L’Arabie saoudite a répliqué que l’Iran avait réclamé le droit d’organiser des rassemblements qui auraient créé, selon elle, une situation chaotique.
Aucune enquête officielle n’a encore été rendue publique en Arabie saoudite. Les autorités avaient laissé entendre à l’époque de la catastrophe que les pèlerins avaient ignoré les consignes de sécurité.
Appel du guide suprême
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a violemment critiqué lundi les «dirigeants saoudiens» et exhorté les musulmans à reconsidérer la gestion des lieux saints par Ryad, selon son site officiel leader.ir.
«Le monde musulman, aussi bien les gouvernements que les peuples, doivent connaître les dirigeants saoudiens et leur nature irrévérencieuse, non croyante et dépendante (…) et réfléchir sérieusement à la gestion des lieux saints. Sinon le monde musulman sera confronté à des problèmes plus grands», écrit Ali Khamenei dans son message avant le pèlerinage de La Mecque.
Exercices
Cette année, des milliers de fonctionnaires et de membres des personnels de santé ont effectué des exercices d’entraînement en prévision de l’événement. Des centaines de caméras de surveillance supplémentaires ont été installées aux abords de la Grande Mosquée de La Mecque.
Le royaume dit avoir également renforcé sa coopération avec les missions de pèlerinage des différents pays pour garantir que les pèlerins connaîtront les règles à suivre.
Bracelets électroniques
L’autorité de développement de La Mecque a mis en place des sentiers et des portails électroniques afin de mieux guider les foules lors de la cérémonie de la lapidation de Satan, a écrit le mois dernier le journal à capitaux saoudiens Achark al Aoussat. Là où nombre des précédents drames survenus lors du hadj ont eu lieu.
Le royaume compte également équiper les pèlerins de bracelets électroniques qui permettront aux autorités de mieux surveiller les mouvements de foule et de prévenir des regroupements trop importants.
(nxp/ats)



