Suite à la suppression du concours d’entrée en classe de 6ème par l’Etat du Sénégal, les collèges doivent s’attendre à recevoir beaucoup de nouveaux collégiens à la rentrée scolaire prochaine. L’inspecteur départemental de l’éducation de Vélingara a prié les chefs d’établissement du moyen à anticiper les difficultés qui en découleront. Magatte Diop s’adressait à près de 70 principaux de la région de Kolda qui étaient en Assemblée générale à Vélingara, samedi, dans le cadre du Collectif des chefs d’établissement de la région.
Par Abdoulaye KAMARA – «La meilleure intelligence est celui de l’anticipation.» A enseigné, non sans pertinence, le Secrétaire général de l’Inspection d’académie de Kolda à quelques 70 principaux et proviseurs de la région éponyme qui étaient en Assemblée générale samedi passé à Vélingara. Aliou Touré a donné ce cours suite à cette prière de l’inspecteur de l’enseignement et de la formation de Vélingara, Magatte Diop, faite au Collectif des chefs d’établissement de la région de Kolda : «Il faut anticiper les difficultés qui vont naître de la suppression du concours d’entrée en classe de 6ème. Vous recevrez beaucoup d’élèves, beaucoup auront des difficultés d’apprentissage. Il ne s’agit pas de maintenir (le faible niveau), mais de transformer. Comment transformer les contraintes en opportunités en plaçant l’humain au cœur du processus et en favorisant la co-construction d’un avenir éducatif pour améliorer les performances des élèves.»
Il a fait cette déclaration en traitant du thème : «Le projet d’établissement dans un contexte de raréfaction des ressources : approche de leadership transformationnel.» Ce flux important de nouveaux collégiens va avoir lieu dans un contexte de manque de salles de classe (beaucoup d’abris provisoires), de tables-bancs, de professeurs, de ressources matérielles. N’empêche, ces contraintes doivent être surmontées. Aussi a-t-il a exhorté les chefs d’établissement à se munir d’un projet d’établissement. Il a dit : «Nous estimons que le projet d’établissement peut être une opportunité, une entrée pour essayer de transformer les contraintes en opportunités. Pour cela, il faudrait un leadership fort. Un leadership transformationnel du principal qui a une ambition, une vision pour le futur pour voir ce qu’il faut faire pour, qu’avec l’accompagnement de la communauté, améliorer les performances des élèves.» Séduit par le cours magistral de l’inspecteur de l’enseignement Diop, le président du Collectif régional des chefs d’établissement, Moussa Mboup, a exhorté tous ses collègues à chercher à avoir un projet d’établissement. Car, estime-t-il, «un chef d’établissement doit avoir une vision, sinon démissionner. Avec ou sans moyens, en début d’année scolaire, chaque principal doit avoir un projet sur la table».
De bons résultats, malgré les difficultés
«Depuis 6 ans, les résultats du Bfem au niveau de la circonscription éducative de Vélingara oscillent entre 80 et 92%. Une performance qui est bâtie dans un contexte très difficile. L’inspecteur Magatte Diop, patron de la circonscription, a listé ces difficultés : beaucoup de principaux tiennent des classes, malgré leurs charges administratives, des professeurs font plus de 15 km pour donner des compléments horaires, certains professeurs ont jusqu’à 36 heures par semaine au lieu des 25 heures normaux. Et puis des collèges sont entièrement en abris provisoires et les moyens financiers et matériels sont insuffisants.» Aussi attribue-t-il ces bons résultats à l’engagement et au leadership des principaux, à la détermination des enseignants et une bonne collaboration de la communauté. Aussi insiste-t-il pour que les projets d’établissements soient faits avec la communauté et, même, par la communauté, car en définitive, ils appartiennent à la communauté.
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