La campagne agricole 2026-2027 poursuit son bonhomme de chemin dans la région de Kédougou. Entre le 13 et le 19 août 2026, les opérations de distribution des semences et des engrais se sont intensifiées, tandis que les cultures poursuivent leur développement à des rythmes variables selon les spéculations et les zones.
D’après le rapport hebdomadaire n°11 de suivi de la campagne agricole de la direction régionale du développement rural , les observations effectuées sur le terrain font état d’une bonne progression des cultures, favorisée par les conditions humides ayant accompagné les opérations de semis.
Pour le maïs et l’arachide, les premières vagues de semis ont déjà atteint les stades génératifs, signe d’une évolution relativement avancée des cultures. Les autres vagues de semis, ainsi que le fonio, le riz, le sorgho et le coton, se situent principalement entre les phases de levée, de croissance et de développement végétatif.
Sur le terrain, les producteurs poursuivent également les opérations d’entretien. Désherbage manuel et mécanique, épandage d’engrais et traitements herbicides sont régulièrement effectués afin de maintenir les cultures dans de bonnes conditions et de favoriser leur développement.
La chenille légionnaire sous surveillance
Cette dynamique est toutefois accompagnée d’un risque phytosanitaire. Une attaque de la chenille légionnaire d’automne (CLA) a été signalée sur des parcelles de maïs dans le département de Salémata. Les dégâts sont, pour le moment, jugés modérés.
Face à cette situation, les services de protection des végétaux ont renforcé les moyens de lutte. La Direction de la Protection des Végétaux (DPV), à travers sa Base phytosanitaire de Missirah, dans la région de Tambacounda, a mis à la disposition des trois départements de Kédougou un stock de 40 litres de Sultan 480 EC chacun, soit un total de 120 litres à l’échelle régionale.
Le département de Salémata a également bénéficié de 50 sachets d’Emacot. Ces produits doivent contribuer à renforcer la protection des parcelles et à limiter les effets des attaques de ravageurs.
Pour les services techniques, cette dotation vise à assurer une couverture phytosanitaire efficace et à accompagner les producteurs dans la préservation de leurs cultures.
Une pluviométrie globalement déficitaire
Si la situation phytosanitaire reste sous contrôle, la pluviométrie constitue en revanche un point de vigilance majeur. Au 19 août 2026, les données recueillies dans les 15 postes pluviométriques de la région montrent un cumul inférieur à celui enregistré à la même période de l’année précédente.
Les écarts les plus importants sont observés à Fongolimbi (-354,1 mm), Saraya (-249 mm) et Bembou (-233 mm).
La comparaison avec la normale saisonnière 1991-2020 révèle également une situation contrastée. Trois postes seulement affichent un excédent : Salémata (+110,7 mm), Saraya (+52,2 mm) et Bembou (+21,5 mm).
Dans les autres postes, les déficits pluviométriques varient de -10,8 mm à Bandafassi à -280,9 mm à Dakatély, confirmant une tendance globalement déficitaire à l’échelle régionale.
Une campagne à surveiller de près
Malgré ces déficits pluviométriques, la campagne agricole évolue globalement dans des conditions jugées favorables, avec une dynamique culturale bien engagée et un accompagnement technique régulier.
La situation demeure toutefois hétérogène selon les zones, entre postes affichant des excédents et secteurs confrontés à un déficit pluviométrique parfois important. Cette configuration appelle à une planification prudente des activités agricoles et à une vigilance accrue face au risque de déficit hydrique.
À ce stade, les services techniques poursuivent donc le suivi de la campagne, notamment sur les plans pluviométrique, phytosanitaire et agronomique, afin d’anticiper d’éventuelles difficultés et de soutenir les producteurs jusqu’aux prochaines étapes du cycle agricole.
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