« Voilà le “jëfu national” de Pastef… L’aveu est la reine des preuves » : Après les propos attribués à Ndeye Khady Ndiaye, Badara Gadiaga réclame des comptes, charge Pastef et remet au centre du débat les 80 morts des manifestations.

 

Dans une intervention particulièrement musclée sur le plateau de Jakaarlo Bi sur la TFM, le chroniqueur Badara Gadiaga est revenu sur les violences politiques qui ont marqué le Sénégal ces dernières années. Réagissant notamment à des propos qu’il attribue à Ndeye Khady Ndiaye autour de l’affaire Adji Sarr, il a estimé que le débat ne pouvait faire abstraction des nombreuses pertes en vies humaines enregistrées durant cette période. Il a également vivement interpellé Pastef sur sa responsabilité politique et morale dans les événements.

Badara Gadiaga n’a pas mâché ses mots. Sur le plateau de Jakaarlo Bi, le chroniqueur a livré une intervention particulièrement sévère à l’endroit de Pastef, remettant au centre des discussions les morts enregistrées lors des épisodes de tensions politiques qu’a connus le Sénégal.

Réagissant à un audio qu’il dit avoir écouté et qu’il attribue à Ndeye Khady Ndiaye, Badara Gadiaga a immédiatement fait le lien avec l’affaire Adji Sarr et les événements qui ont suivi. Tout en évoquant les déclarations entendues, il a insisté sur ce qu’il considère comme l’élément essentiel à ne pas perdre de vue : les nombreuses personnes ayant perdu la vie durant les manifestations et troubles politiques.

« Mais c’est dommage pour les 80 morts », a-t-il lancé, utilisant ce chiffre dans son intervention pour rappeler le lourd tribut humain de la crise. Pour le chroniqueur, les nouvelles déclarations et les révélations susceptibles de surgir autour de l’affaire Adji Sarr ne sauraient être analysées indépendamment des violences qui ont accompagné cette séquence politique.

Badara Gadiaga s’en est ensuite directement pris à Pastef, utilisant à plusieurs reprises l’expression wolof « jëfu national de Pastef » pour désigner ce qu’il présente comme les conséquences des actes et discours politiques du parti. Il s’est interrogé sur la manière dont les responsables et sympathisants de la formation politique regardent aujourd’hui cette période.

Selon lui, il ne suffit pas de concentrer les responsabilités sur quelques individus. Le chroniqueur a cité plusieurs noms avant de soutenir que le débat devait être élargi à ceux qui ont participé à la dynamique politique et aux mobilisations de l’époque.

« Voilà le “jëfu national” de Pastef », a-t-il martelé en évoquant notamment les scènes de violences, les destructions et les attaques contre des médias enregistrées durant les périodes de troubles.

Badara Gadiaga a également rappelé un épisode au cours duquel neuf personnes avaient perdu la vie alors qu’il se trouvait, selon ses propres déclarations, sur un plateau de télévision. Il a évoqué les violences dirigées contre des médias, allant jusqu’à parler de saccages et de tentatives de destruction de locaux.

Pour lui, ces événements constituent une dimension incontournable du bilan politique de cette période. Le chroniqueur s’est surtout montré profondément critique face à ce qu’il considère comme une tendance à oublier les conséquences humaines des affrontements.

« Vous imaginez ce qu’on a vécu dans ce pays ? », a-t-il demandé, avant d’évoquer les jeunes aujourd’hui enterrés et les familles endeuillées.

Dans son argumentaire, Badara Gadiaga a également établi un parallèle avec d’autres controverses politiques récentes. Il a notamment cité les débats autour de la « dette cachée » et des « fonds politiques », affirmant voir des contradictions dans certaines prises de position d’Ousmane Sonko.

Il soutient ainsi que de nouvelles déclarations pourraient encore apparaître dans l’espace public et alimenter les controverses. Concernant Ndeye Khady Ndiaye, il estime que ses propos pourraient apporter de nouveaux éclairages sur l’affaire et sur les événements qui avaient profondément divisé l’opinion publique.

Mais le chroniqueur insiste : quelle que soit la teneur des révélations à venir, elles devront selon lui être confrontées à la question centrale des conséquences politiques, sociales et humaines de cette période.

Badara Gadiaga a finalement résumé sa position à travers une formule juridique particulièrement forte : « L’aveu est la reine des preuves. »

Une manière pour lui de considérer que les déclarations provenant aujourd’hui de certains protagonistes doivent être examinées avec attention. Son intervention remet ainsi sur la table un débat toujours sensible : celui des responsabilités dans les violences politiques, des discours qui les ont précédées et, surtout, de la mémoire des personnes qui y ont perdu la vie.

dakaractu.com /