À l’occasion de la célébration de la Toussaint, l’abbé Joseph Tendeng, vicaire à la paroisse Notre-Dame des Pauvres de Tilène, invite les fidèles à mieux comprendre le sens véritable de cette grande fête chrétienne souvent entourée de confusions. Selon lui, beaucoup assimilent encore la Toussaint à la fête des morts, alors que l’Église catholique célèbre en réalité, le 1er novembre, la fête de tous les saints.
« Il faut changer les choses. Les gens pensent que la fête de la Toussaint, c’est la fête des morts. La fête de la Toussaint, c’est la fête de tous les saints, les saints de Dieu, les saints qui sont connus et ceux qui ne sont pas connus », explique le prêtre.
La Toussaint, célébrée chaque année le 1er novembre, est une solennité dédiée à tous les saints, qu’ils aient été officiellement reconnus par l’Église ou qu’ils soient restés dans l’anonymat. Elle constitue avant tout une fête de joie, d’espérance et d’action de grâce pour tous ceux qui ont vécu leur foi à la suite du Christ. En revanche, la commémoration des fidèles défunts, appelée communément « fête des morts », est célébrée le lendemain, le 2 novembre.
Pour l’abbé Joseph Tendeng, cette distinction est essentielle. La sainteté, souligne-t-il, n’est pas réservée à une élite religieuse ou à quelques personnes exceptionnelles. Elle est une vocation adressée à tous les croyants. « La sainteté appartient à tout le monde. Nous sommes tous appelés à la sainteté. Notre sainteté est une participation à la sainteté de Dieu », affirme-t-il.
Le religieux rappelle que la commémoration des fidèles défunts du 2 novembre est le moment privilégié pour prier pour les parents, amis et proches qui ont quitté cette vie et rejoint la maison du Père. Toutefois, pour des raisons pratiques, de nombreuses paroisses profitent de l’affluence du jour de la Toussaint pour organiser les visites aux cimetières et les bénédictions des tombes.
« Souvent, après la messe de la Toussaint, nous nous dirigeons vers le cimetière afin de bénir les tombes avec les familles et de nous souvenir de ceux qui nous ont précédés vers la maison du Père. Mais normalement, c’est le 2 novembre que l’Église célèbre la commémoration des fidèles défunts », précise-t-il.
Cette démarche traduit la communion spirituelle qui unit les vivants et les défunts. À travers la prière, les croyants entretiennent le souvenir de ceux qui les ont précédés et continuent de manifester leur attachement à leur mémoire. Citant l’écrivain sénégalais Birago Diop, l’abbé Tendeng rappelle que « les morts ne sont pas morts », une manière de souligner que les liens du cœur et de la foi dépassent la mort.
Revenant sur la notion de sainteté, le vicaire de Tilène insiste sur le fait qu’un saint n’est pas une personne parfaite qui n’aurait jamais commis d’erreur. Les saints ont vécu les mêmes réalités humaines que tout le monde. Ils ont connu les épreuves, les faiblesses et les chutes, mais ont toujours cherché à se relever et à marcher à la suite du Christ.
« Un saint, ce n’est pas quelqu’un qui n’a pas de péché. Les saints, c’est comme vous et moi. Ce sont des personnes qui ont vécu dans l’ordinaire de leur existence, qui sont tombées mais qui se sont relevées », explique-t-il.
Aujourd’hui, poursuit-il, la sainteté se manifeste concrètement dans les actes du quotidien : respecter la dignité humaine, promouvoir la justice, refuser la corruption, pratiquer le pardon dans les familles et œuvrer pour le bien commun dans la société.
L’abbé Tendeng cite également l’exemple de Carlo Acutis, jeune catholique devenu une référence pour de nombreux jeunes par son engagement dans l’évangélisation à travers les outils numériques. Pour lui, les saints demeurent des modèles accessibles qui montrent que la sainteté est possible dans chaque époque et dans tous les milieux.
En conclusion, le prêtre invite les fidèles à profiter de la célébration de la Toussaint pour réfléchir au sens de la vie et à leur propre vocation à la sainteté. Il rappelle également l’importance de trois lieux que chacun devrait visiter au moins une fois par an : la prison pour apprécier le prix de la liberté, l’hôpital pour mesurer la valeur de la santé et le cimetière pour se souvenir que tous les êtres humains partagent une même destinée.
À travers son message, l’abbé Joseph Tendeng lance ainsi un appel à vivre pleinement la signification du 1er novembre, fête de tous les saints, tout en réservant au 2 novembre le souvenir et la prière pour les fidèles défunts. Une clarification qui permet de redécouvrir le sens profond de deux célébrations souvent associées, mais pourtant bien distinctes dans la tradition chrétienne.
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