À l’occasion de la visite officielle du Président Bassirou Diomaye Faye, les attentes sont considérables. Entre l’achèvement du chantier de l’université, la mise en place du port sec et la relance industrielle, toute la région naturelle du Sénégal oriental espère des décisions fortes. Bounama Kanté, coordonnateur de la Synergie d’action citoyenne pour la construction de l’université du Sénégal oriental (Sac-Uso) et figure locale, dresse un état des lieux et interpelle le chef de l’État sur un point jugé capital : la date d’ouverture effective de l’université.
Tambacounda.info : Vous coordonnez la Sac-Uso et le Président doit se rendre sur le chantier de l’université. Est-ce, selon vous, le moment idéal pour lui rappeler ses engagements ?
Le ministre Déthié Fall était récemment en tournée dans la région. En éclaireur, il a visité le chantier et demandé à l’entreprise chargée des travaux d’accélérer la cadence, car il ne reste que huit mois avant la réception des infrastructures. Il a annoncé, à cette occasion, que le Président viendrait personnellement constater l’avancement du projet. Maintenant que cette visite est confirmée, nous attendons du chef de l’État qu’il profite de cette tribune pour fixer, de manière claire, la date de démarrage des cours.
Le ministre a évoqué un taux de réalisation dépassant les 80 %, et l’entreprise s’est engagée à respecter les délais. L’annonce la plus forte, celle qui marquera vraiment les esprits et rassemblera les populations, sera la proclamation de l’ouverture des enseignements. Ce serait l’aboutissement de longues années de mobilisation de la Sac-Uso.
Tambacounda.info : Un démarrage dès la prochaine rentrée est-il envisageable ?
À ce stade, nous nous en tenons aux engagements pris par l’entreprise. Devant le ministre, elle a garanti une livraison dans les temps. Sur le terrain, tous les bâtiments sont déjà sortis de terre et en sont aux dernières étapes : il reste essentiellement les finitions.
Cependant, comme l’a souligné Déthié Fall, avoir 80 % des gros œuvres réalisés ne signifie pas que le plus difficile est derrière nous. L’entrepreneur le sait et a posé une condition importante : la régularité de l’acheminement des matériaux depuis le Port de Dakar. Si la logistique ne connaît pas de blocages, les équipes pourront terminer à temps.
Ce que l’on voit aujourd’hui est globalement rassurant. C’est pourquoi la venue du Président sera décisive : tout doit être organisé pour que la première promotion d’étudiants puisse être accueillie dès la prochaine rentrée universitaire.
Tambacounda.info : Au-delà de l’université, quelles autres priorités pour le Sénégal oriental ?
Nous comptons sur le Président Diomaye Faye pour donner à la région les moyens de valoriser pleinement son potentiel. Le Sénégal oriental regorge de richesses et peut devenir le moteur de la croissance nationale, à condition d’être appuyé par des politiques publiques ambitieuses.
Plusieurs chantiers structurants sont identifiés. D’abord, la réhabilitation du chemin de fer : sa relance redynamiserait les localités situées le long de la voie, grâce aux activités économiques qu’elle ne manquera pas de générer. Ensuite, la réalisation du port sec de Tambacounda est une priorité absolue. Il contribuerait à fluidifier le trafic, à réduire les accidents sur le corridor et à créer de nombreux emplois. Le Président doit en accélérer la concrétisation.
L’accès aux soins représente également un enjeu majeur. Tambacounda, qui est un important carrefour, a besoin d’un hôpital de niveau 4. L’actuel Hôpital régional prend en charge les patients de cinq départements ainsi que ceux de pays frontaliers (Gambie, Guinée). C’est une « sur-priorité », tout comme la mise à niveau des structures sanitaires dans les départements.
Sur le plan éducatif, la pose de la première pierre de l’Isep à Salémata est un signal fort pour la formation et l’insertion des jeunes. Enfin, la Sodefitex, pilier économique de la région, doit être réformée en profondeur. Redonner toute sa place à la filière textile permettrait de créer de l’emploi et de stimuler à la fois l’économie locale et l’économie nationale.
Abdoulaye Fall /



