Tambacounda : Revue éducative, les écoles privées, «maillon faible» des performances scolaires régionales

Lors de la Revue régionale de l’éducation, l’Inspecteur d’académie (Ia) de Tambacounda, Assane Mbengue, a dressé un bilan contrasté de l’année 2025. Si l’enseignement public a brillé par ses résultats, les contre-performances alarmantes des établissements privés tirent la moyenne académique vers le bas, notamment au Baccalauréat.
Le privé en cause, le public performant ?
 L’Académie de Tambacounda fait face à un paradoxe scolaire. Alors que les structures publiques affichent des résultats solides, dépassant régulièrement la moyenne nationale, les établissements privés peinent à suivre la cadence. L’exemple du Bac­calauréat général 2025 est frappant : le public affiche un taux de réussite de 58, 16%, tandis que le privé s’effondre avec seulement 16, 1%, n’atteignant même pas la barre des 20%.
Cette disparité impacte lourdement le bilan global. «Si le taux de réussite de l’Académie au Bac n’a pas franchi la barre des 50% (établi à 44, 9%), c’est parce que le privé n’a pas suivi la cadence», a déploré Assane Mbengue. Cette situation pousse aujourd’hui les acteurs du système à demander une révision des critères de création et de suivi de ces structures privées.
Des indicateurs en nette progression
Malgré ces disparités, l’Ia souligne des motifs de satisfaction sur d’autres indicateurs clés : une progression notable, passant de 87, 5 % en 2024 à 89, 60%, en 2025 au Bfem. Alors que le taux brut de préscolarisation enregistre une hausse significative pour l’accès au préscolaire. Pour le taux brut de scolarisation, des chiffres très positifs sont notés à l’élémentaire ainsi qu’au moyen-secondaire par rapport aux deux dernières années.
Les zones d’ombre : Cfee et déficit de personnel
Tout n’est cependant pas rose. L’Ia a pointé plusieurs «contre-performances», à commencer par le Cfee, où les résultats ont légèrement fléchi, passant de 64, 1% en 2024 à 63, 5% en 2025. Plusieurs con­traintes structurelles expliquent ces baisses, comme le manque de personnel : le déficit d’enseignants et leur mise à disposition tardive dans les inspections (Ia et Ief) freinent les efforts déployés sur le terrain. En outre, l’Ia note une baisse inquiétante du taux d’achèvement à l’élémentaire. Sans oublier le décrochage des garçons. Fait marquant, le défi du maintien scolaire s’est déplacé. Alors que les efforts se concentraient autrefois sur les filles, ce sont aujourd’hui les garçons qui peinent à terminer leur cycle primaire.
Un appel à la formation
En conclusion de cette Revue régionale, Assane Mbengue a insisté sur la nécessité de renforcer la formation continue des enseignants. Pour l’autorité académique, la qualité des apprentissages et l’amélioration des performances globales de la région de Tambacounda passeront impérativement par une meilleure qualification du corps professoral, tant dans le public que le privé.
Par Abdoulaye Fall