Kenyan – Sommet Africa Forward : L’appel de Baïdy Agne au secteur privé africain

 

Le secteur privé africain doit assumer ses responsabilités. C’est la position de Baïdy Agne. Le président de Business Africa a fait ce plaidoyer, lors du sommet Africa foward à Nairobi. 

Par Malick GAYE – «Le réveil a encore une fois de plus sonné.» La sonnette d’alarme a été tirée par Baïdy Agne. Le président de Business Africa, par ailleurs président du Conseil national du patronat sénégalais (Cnp), ne s’est pas embarrassé de discours diplomatique lors du Sommet Africa foward. Se définissant d’emblée en dehors du champ politique, Baïdy Agné a fixé le ton : «Le seul parti dont je suis militant, c’est le parti de l’Entreprise. Ce parti qui écoute avec bienveillance l’Entre­prise, qui la protège et l’accompagne.»

Le président de Business Africa a d’abord posé un constat : le secteur privé africain doit se mobiliser. «Le réveil a encore une fois de plus sonné», a-t-il déclaré, identifiant quatre ressources stratégiques sous-exploitées : le capital naturel, le capital humain, le capital financier et le capital commercial.
Sur le capital naturel, il a rappelé que «l’Afrique abrite plus de 30% des réserves minérales mondiales». Avant d’interroger : «Quelle est notre réponse pour la valorisation d’autant de richesses à contenu local ?» Sur le capital humain, il a souligné qu’un «âge médian de 19 ans représente un dividende démographique qui pourrait ajouter plus de 47 milliards de dollars au Pib africain». Sur la Zlecaf enfin, il a été direct : «Pourquoi mettons-nous autant de temps à réaliser ce marché continental ?»

Baïdy Agne a ensuite chiffré les défis auxquels le secteur privé doit répondre collectivement : plus de 120, 8 milliards de dollars par an en infrastructures d’ici à 2030, plus de 22, 4 milliards pour la transition énergétique d’ici à 2040, et 20,8 milliards dans les transports. «Notre réponse, c’est plus de responsabilités, plus d’engagement et l’affirmative Action», a-t-il affirmé.

Une nouvelle dynamique franco-africaine
Sur les relations avec la France, il a plaidé pour «une rupture avec les anciennes pratiques», en définissant de nouvelles priorités : facilitation des déplacements d’affaires, chaînes de valeur à contenu local, transfert de technologies, co-investissements dans les infrastructures, promotion des écosystèmes numériques et fintech.

Il a conclu sur un ton volontariste : «L’Afrique économique n’est plus périphérique ! L’Afrique économique n’est plus silencieuse ! L’Afrique économique est jeune et forte !» Avant d’ajouter en forme d’engagement personnel : «J’entends agir pour un panafricanisme capable d’intercéder dans un monde qui ne nous attendra pas.»

mgaye@lequotidien.sn