UKRAINE: Kiev accuse la Russie de préparer une intervention

 

En 24 heures, les forces ukrainiennes ont déploré 13 victimes, a indiqué samedi un porte-parole militaire, Andriï Lyssenko, lors d’un point presse. L’armée avait fait état vendredi de 15 morts dans ses rangs.

L’offensive des forces ukrainiennes lancée il y a quatre mois se concentre désormais sur les principales places fortes rebelles. A Donetsk, les combats ont gagné ces derniers jours le centre de la ville.

Des journalistes ont entendu samedi des tirs de mortier et des explosions retentissant à intervalles réguliers dans la journée. Selon la mairie, un obus est tombé samedi sur un immeuble dans le sud-ouest de la ville, tuant un civil.

A Lougansk, autre grande ville sous contrôle séparatiste, les autorités locales ne cessent de mettre en garde contre une possible «catastrophe humanitaire». Eau, électricité et approvisionnement alimentaires sont coupés.

Prêts à un cessez-le-feu

Face à cette situation, le «Premier ministre» de la république autoproclamée de Donetsk a déclaré samedi être prêt à un cessez-le-feu si l’armée ukrainienne stoppe son offensive.

«Nous sommes prêts à un cessez-le-feu pour éviter une catastrophe humanitaire dans le Donbass. Mais si l’armée ukrainienne poursuit son agression, nous allons nous battre quel que soit le rapport de forces», a déclaré Alexandre Zakhartchenko dans un communiqué.

«Nous allons nous battre pour chaque rue, pour chaque maison, pour chaque mètre de notre terre», a-t-il poursuivi. «Donetsk est encerclée (…), la ville connaît une catastrophe humanitaire», a-t-il souligné.

Réunion d’urgence à l’ONU

Au cours d’une réunion d’urgence à l’ONU vendredi, la Russie a proposé de mener une «mission humanitaire» ou de créer des couloirs humanitaires pour venir en aide à la population de l’est de l’Ukraine. Cette proposition a été rejetée par Washington.

L’aide d’urgence «doit être acheminée par des organisations humanitaires qui en ont l’expérience, pas par la Russie», a répliqué l’ambassadrice américaine Samantha Power.

Convoi humanitaire stoppé

A la télévision ukrainienne vendredi soir, le numéro deux de l’administration présidentielle ukrainienne, Valéry Tchaly, a accusé la Russie d’avoir tenté d’envoyer un convoi humanitaire en Ukraine. Il était, selon lui, escorté de militaires et de véhicules russes.

«Soi-disant en accord avec le Comité international de la Croix-Rouge, un convoi humanitaire devait entrer dans le territoire ukrainien avec des troupes de maintien de la paix, évidemment pour provoquer un conflit d’ampleur», a-t-il affirmé, cité dans un communiqué de la présidence.

Selon lui, le président ukrainien Petro Porochenko «a arrêté cette provocation par la voie diplomatique», après avoir parlé au téléphone avec le secrétaire d’Etat John Kerry. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine s’est entretenu avec son homologue russe Sergueï Lavrov, qui a assuré que le convoi serait arrêté, a rapporté M. Tchaly.

Moscou a démenti samedi toute tentative de ses troupes de pénétrer sur sol ukrainien, comme l’en accuse Kiev. «Nous avons du mal à comprendre ce à quoi l’Ukraine fait référence. Il n’y a eu aucune tentative des forces russes de pénétrer» sur le territoire ukrainien, a déclaré aux agences de presse russes le porte-parole du Kremlin Dmitri Pieskov.

Le CICR renforce son aide

La situation se complique chaque jour pour les civils après près de quatre mois de conflit. Celui-ci a causé, selon l’ONU, plus de 1300 morts et le départ de 300’000 habitants de l’Est, réfugiés en Russie ou déplacés dans les autres régions de l’Ukraine.

Face à la situation, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) va renforcer son aide à la population et augmenter ses effectifs en Ukraine.(afp/Newsnet)