Il faut se garder de s’engager militairement dans la crise gambienne, en dehors d’un aval du Conseil de Sécurité de l’ONU !!!

Au delà des considérations ‘’subjectives’’, nous devons analyser cette crise politique gravissime avec la lucidité et la clairvoyance requises, et donc forcément au regard du droit international qui prime sur toute autre considération.

En vérité, tous les pays de la planète ont ratifié la charte des Nations-Unies et doivent nécessairement respecter leurs engagements internationaux ; c’est là un préalable incontournable pour gérer au mieux la paix dans le monde, surtout en ces périodes de troubles et de menaces de toutes sortes – terroristes en particulier.

Oui, le Conseil de Sécurité de l’ONU a la noble vocation de régler les conflits dans le monde ; et personne ne peut douter de la justesse de sa cause, car le fait d’un consensus universel ratifié par tous les pays ; dès lors, ses résolutions ont une légitimité indiscutable et doivent être appliquées par tout le monde ; il lui incombe donc de se donner tous les moyens nécessaires et suffisants pour atteindre cet objectif – Je dis bien suffisant ! En clair, combattre tout belligérant récalcitrant par la riposte la plus appropriée, pouvant aller généralement de l’embargo diplomatique à l’embargo économique ; ce n’est qu’exceptionnellement qu’une intervention armée est nécessaire ; en vérité,  si l’embargo est respecté par tous, il n’est  point nécessaire d’user de la force pour contraindre un belligérant récalcitrant à se conformer au droit.

Et c’est donc dans cette perspective que doit s’inscrire tout le monde – et de surcroît, les pays musulmans, du fait de sa conformité, dans ses principes, au mécanisme de résolution des conflits préconisé par l’Islam ; oui, le Coran est très explicite :

(6) Ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, soyez clairvoyants, [de crainte] que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait. [La vérification des sources est un préalable fondamental de toute médiation] … . (9) Et si deux groupes de croyants se combattent, faites la conciliation entre eux. Si l’un d’eux se rebelle contre l’autre, combattez le groupe qui se rebelle, jusqu’à ce qu’il se conforme à l’ordre d’Allah. Puis, s’il s’y conforme, réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables. (10) Les croyants ne sont que des frères. Établissez la concorde entre vos frères, et craignez Allah, afin qu’on vous fasse miséricorde. (49. Les Appartements : 6-10 – Al-Hujurât)

Bref, l’Islam préconise de combattre solidairement le belligérant récalcitrant avec tous les moyens nécessaires et suffisants, jusqu’à ce qu’il s’amende. C’est dire qu’un pays musulman doit donc se garder de tout alignement à une puissance militaire ou idéologique et s’engager résolument à l’élaboration  d’une résolution du Conseil de Sécurité juste et équitable, conforme à l’esprit de l’Islam.

Au vu de tout cela, il est évident que la solution de la crise gambienne ne doit pas être d’emblée militaire ; elle doit d’abord passer par la condamnation du ‘’coup d’Etat’’ par tous les pays et organisations épris de paix et de justice et la saisine du Conseil de Sécurité, en vue d’une résolution contraignante, jusqu’au retour de l’ordre constitutionnel ; puis engager ensuite un dialogue politique sans exclusive, en vue d’une réconciliation nationale, en envisageant éventuellement une amnistie pour les ‘’belligérants récalcitrants’’ qui s’amenderont.

Et au vu de tout cela, nous espérons que notre Président, Son Excellence Macky SALL, fera preuve de lucidité et de clairvoyance pour ne pas s’engager militairement dans cette aventure très lourde de menaces. Oui, nous devons tirer les enseignements de la gestion calamiteuse de la crise libyenne dont les conséquences (menace terroriste, etc.) continuent de déstabiliser toute notre sous-région  !!!

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DOCTEUR MOUHAMADOU BAMBA NDIAYE

Ancien Interne des Hôpitaux de Dakar

Pédiatre à Thiès