[ENTRETIEN] Fara Ndiaye, candidat au poste de président du conseil national de la jeunesse en tournée à Tambacounda

« Le conseil doit cesser d’être l’apanage d’un parti ou d’une formation quelconque, s’il veut vraiment jouer son véritable rôle »

Le président du conseil régional de la jeunesse de St Louis et candidat au poste de président du conseil national de la jeunesse qui était en tournée dans la région de Tambacounda s’est confié à votre portail www.tambacounda.info.

Dans cet entretien où il a évoqué les difficultés rencontrées par les jeunes à Goudiry qui, dit-il, ont presque tous péri dans les eaux méditerranéennes et dans le désert libyen, il a aussi abordé la situation du conseil national de la jeunesse dont certains candidats en font une affaire de parti politique ou de formation quelconque, ce qui à son avis, lui ôte toute légitimité devant les bailleurs, ses membres et autres partenaires. Selon lui, pour que le conseil puisse jouer le rôle qui est le sien, il doit cesser d’être un conseil de parti politique ou de gens qui seraient derrière lui, tapis dans l’ombre.

Plusieurs candidatures se dessinent déjà pour le poste, qu’est-ce qui a motivé la vôtre ?

D’abord pour redonner au conseil son lustre d’antan ? Ce que l’on constate maintenant, c’est que le conseil est devenu une affaire de parti politique ou de personnes quelconque, tapis dans l’ombre qui le manipule et le manipule à leur gré. Une fois élu, nous ambitionnons de changer toutes les pratiques peu orthodoxes qui s’y passent. Le conseil sera le vrai interlocuteur des jeunes et sera aussi leur digne représentant, une fois que nous serons portés à sa tête.

Quel est votre programme pour rallier le suffrage des jeunes à votre cause ?

J’ai mis en place « Accord » qui s’agit d’un contrat social et moral entre les jeunes et nous. Accord aussi comme acronyme veut dire (Action de croissance, de citoyenneté pour l’opportunité, la responsabilité et le développement de la jeunesse). Mon cheval de bataille sera, l’emploi, la formation et la citoyenneté des jeunes. Notre objectif est de doter les jeunes, de bonnes formations qui répondront au marché de l’emploi. Faire de sorte que les jeunes puissent avoir des emplois pas précaires mais durables et profitables. Surtout au niveau de la région de Tambacounda où les jeunes font face à des tentations de la part de djihadistes qui cherchent à les enrôler et à les utiliser à des fins de combat.

La croissance et le développement du capital humain juvénile, l’emploi des jeunes et la parité générationnelle seront les grands axes de notre campagne, explique, Fara Ndiaye.

Vous déplorez aussi l’âge de certains candidats, qu’en est-il réellement ?

La plupart des gens qui se manifestent pour diriger le conseil seront atteints par la liite d’âge après 6 mois seulement d’exercice, s’ils sont élus. Sur les 4 candidatures dévoilées, les 3 sont nés en 1982. Et cela voudrait dire que, s’ils arrivaient à être élus, après juste 6 mois à la tête de l’institution, ils seraient frappés par la limite d’âge. Et cela n’honore guère le conseil, vis-à-vis des bailleurs, vis-à-vis des jeunes eux-mêmes et d’autres structures ou organismes. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs j’appelle à ce que leurs candidatures ne soient pas validées car, cela constituerait un vrai discrédit du conseil.

N’y a-t-il pas des candidatures parrainées par l’état ?

Le conseil national de la jeunesse est une association de droit commun, régit par le code des obligations civiles et commerciales. Le conseil est apolitique et autonome. Il est temps qu’il soit départi de l’élite politique ou à des actions politiques. C’est ce qui lui rendra toute sa légitimité et toute son autonomie vis-à-vis de tout ce monde. Et c’est cela qui lui épargnera de toute tentative d’accaparement ou d’enrôlement de ses membres par les pouvoirs politiques ou les hommes politiques. Le nouveau président doit pouvoir fédérer toutes les forces vives de la jeunesse, de n’importe quel bord qu’ils puissent se situer. Et pour arriver à cela, il va falloir qu’il cesse d’être une affaire de parti ou de formation quelconque. D’ailleurs, l’état même devrait éviter d’en faire une affaire politique car, cela ne l’aiderait nullement du moment où cela ne créera que des tensions comme on le note avec la Cojer. Le conseil doit être une structure forte qui regroupe toutes les forces vives de la nation, préoccupé par les problèmes des jeunes et déterminé à tout mettre en œuvre pour en trouver des solutions idoines. Il doit refléter l’ensemble des départements du pays, c’est en cela que se trouve sa force.

Quelle est la candidature que vous soupçonnez de parrainage quelconque ?

Hésitation ! je ne vais pas citer de nom, seulement vous en découvrirez de vous vous-même. Il y a certains qui se réclament d’être les candidats du pouvoir, d’autres de l’opposition, etc.

Vous avez sillonné des localités comme Goudiry par exemple, quelles ont été les préoccupations qui sont le plus revenues ?

Les préoccupations des jeunes ont été liées à la formation et à l’emploi. Voilà pourquoi d’ailleurs ma démarche diffère de celle des autres candidats qui restent chez et attendent tout de leur mentor et parrain. Moi, je vais chez les jeunes, discuter avec eux et connaitre leurs préoccupations. C’est ce qui, une fois élu, me permettra de toute de suite s’atteler à la recherche de solution aux problèmes des jeunes vécus et posés.

Concrètement qu’est-ce qui vous a été dit à Goudiry par les jeunes ?

Dans cette partie du Sénégal, les jeunes sont fatigués. Ils n’ont pas de centre de formation. Le peu de centres de formations que compte la région est basé à Tamba. Ce qui fait le chômage y est très important, raison pour laquelle, les jeunes tentent tous de rallier l’Europe, via la mer avec tous les risques que cela comporte.

Les jeunes m’ont dit qu’il y a 325 jeunes rapatriés de la Libye, aujourd’hui, ils se sont constitué en association et demandent appui et financement sans rien voir. On m’a aussi dit que plus de 100 jeunes ont péri dans la mer et dans le désert libyen en tentant de rallier l’Europe. 200 jeunes ont réussi la traversée mais vivent des conditions exécrables en Europe. Ils y sont sans emploi, sans aide. Le problème majeur c’est qu’ils sont tout le temps par des gens tapis dans l’ombre qui cherchent à les enrôler dans les mouvements djihadistes, tout cela faute d’emploi. L’état doit mieux faire dans cette zone pour aider les jeunes, fatigués et désappointés, termine le candidat au poste de président du conseil national de la jeunesse.

Par Abdoulaye Fall / www.tambacounda.info /