CCIAD – Réforme des chambres de commerce : Le Collège des délégués exige l’inclusion du personnel

Une inclusion formelle du personnel dans le processus de réforme des Chambres de commerce, c’est ce que réclame le Collège des délégués de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad). Lequel a organisé hier une conférence sur le thème : «La problématique de la gestion du personnel dans le cadre de la réforme des chambres de commerce.» 

Par Dialigué FAYE – Le projet de réforme des chambres de commerce, engagé par les autorités, hante le sommeil du personnel de ces institutions consulaires. A travers ce projet, les autorités disent vouloir «moderniser la gouvernance des chambres de commerce, rationaliser les missions et améliorer l’efficacité des services rendus aux entreprises par lesdites chambres». Mais aux yeux des délégués du personnel de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Dakar (Cciad), «le volet social, la gestion des personnels, leurs statuts, la formation, la mobilité restent encore largement à préciser».
«La réforme des chambres de commerce est nécessaire. Oui, elle est attendue. Elle est même devenue urgente. Car depuis plus d’une décennie, nos institutions évoluent dans une situation qui interroge sur le respect des exigences de légalité : une situation institutionnelle qui dure depuis 2010, des élections absentes ou contestées, un cadre juridique et social devenu obsolète. Mais pendant que cette situation perdure, une autre réalité, plus silencieuse, s’aggrave : celle du personnel. Un personnel laissé dans l’incertitude. Un personnel sans statut clairement défini. Un personnel encore régi, en 2026, par une convention collective datant de 1956», dénonce la coordonnatrice du Collège des délégués de la Cciad, Dr Awa Guèye Bèye. Avant de pointer du doigt la démarche «non inclusive» des autorités. Elle rappelle qu’en «2017, lors de la mise en place de la Chambre nationale et des chambres régionales, le personnel avait été associé. Des délégués avaient participé. Leurs voix avaient compté». «Alors, pourquoi ce qui a été utile hier ne le serait-il plus aujourd’hui ?», s’interroge-elle.

Et d’après les travailleurs de la Cciad, si les autorités entreprennent une réforme sans eux, cette réforme sera faite contre eux. Ainsi exigent-ils «l’inclusion formelle du personnel dans le processus de réforme». «Car au final, la véritable réussite de cette réforme ne se mesurera ni dans les textes adoptés ni dans les annonces faites. Elle se mesurera à une seule chose : la capacité à ne laisser aucun acteur en marge de ce processus de transformation. Nous refusons que les décisions se prennent sans nous», a-t-elle déclaré hier, lors d’une conférence.

Organisée dans le cadre de la célébration de la Fête du travail, cette conférence avait pour thème : «La problématique de la gestion du personnel dans le cadre de la réforme des chambres de commerce.» Sur ce sujet, Dr Sidi Nar Diagne avoue que «c’est bien de réformer pour prendre en compte les impératifs actuels». Mais, précise l’enseignant chercheur spécialiste en Droit du travail et de la sécurité sociale, Droit du commerce international et Droit du numérique, dans cette prise en compte des impératifs actuels, il ne faut pas oublier que l’économie va toujours avec le social. «On ne peut pas développer l’économie et mettre de côté le social. Et le social, c’est la gestion du personnel, faire en sorte que le personnel s’approprie la réforme. Quand une réforme n’est pas acceptée au moment de sa mise en œuvre, cela risque de créer des contestations.»

Pour éviter une telle situation, Dr Diagne plaide pour que les autorités qui portent la réforme ouvrent des discussions avec les travailleurs et aillent vers des négociations sur un accord d’établissement, et leur permettent d’avoir une visibilité réelle de leur statut.
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