La Grèce frappée par la tempête Gonzalo

 

La Grèce a été durement touchée vendredi soir par de violentes inondations, la dépression «Gonzalo» s’étant déplacée de l’ouest de l’Europe vers la Grèce sans faire de victime, selon le centre météorologique national. Une autre tempête, politique, celle-là, s’est déclenchée entre gauche et droite.

L’état d’urgence a été décrété samedi 25 octobre pour la municipalité d’Acharnes dont le centre-ville a été sérieusement endommagé. Plusieurs familles ont dues être évacuées et relogées d’urgence.

Voitures emportées

L’Attique, la région d’Athènes, a particulièrement été touchée par les intempéries. Les pompiers ont reçu plus de 850 appels, des voitures ont été bloquées par la montée des eaux au Pirée et à Ilion, une banlieue d’Athènes. Quelque 300 voitures ont été emportées dans cette région où il est tombé quatorze centimètres d’eau en une heure et demie.

Certaines lignes de train ont été interrompues ou retardées et de nombreux bateaux sont restés amarrés samedi au port du Pirée en raison de vents de 7 à 8 sur l’échelle de Beaufort. «C’était comme une mer qui déferlait sur la ville», a commenté Andreas Pachatouridis, le maire de Peristeri, la septième plus grande ville de Grèce, non loin d’Athènes.

Réaction indignée

Le premier ministre Antonis Samaras, à peine rentré du sommet européen à Bruxelles, s’est rendu dans une caserne de pompiers dans la banlieue nord d’Athènes. «Les victimes des inondations seront dédommagés au plus vite», a-t-il indiqué avant d’ajouter que «des travaux anti-inondations doivent être entrepris dans cette région de l’Attique où le problème se pose depuis longtemps».

Antonis Samaras n’a pas invité le préfet de l’Attique élue en mai, Rena Dourou, à cette réunion de crise, déclenchant une réaction indignée de celle-ci à quelques mois de possibles élections législatives anticipées en Grèce. Rena Dourou est membre du parti de gauche radicale Syriza, largement en tête des sondages devant Nouvelle Démocratie (droite) de M. Samaras.

Critiques du parti communiste

«Il y a des exclusions qui semblent destinées de manière voyante à gagner des voix», a-t-elle lancé. De son côté, le parti communiste (KKE) a critiqué «ceux qui parlent de conditions climatiques extrêmes pour masquer leur responsabilité» en l’absence de travaux de prévention de ce genre de catastrophe naturelle.

En Grèce, pays plutôt sec, des vents violents ont également touché vendredi Thessalonique (nord), deuxième ville du pays: des arbres sont tombés ainsi qu’un poteau électrique, causant des coupures électriques passagères.

Toutes les régions de Grèce ont été touchées par les intempéries, y compris les îles, particulièrement Rhodes. A partir de samedi après-midi, la dépression devait se déplacer vers l’est et la Turquie.

(ats/Newsnet)