Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) tiraient au mortier samedi 25 octobre en direction de la frontière turque, au nord de Kobané. Les Kurdes, qui défendent farouchement cette ville syrienne, attendent des renforts du Kurdistan irakien.
L’arrivée à Kobané d’un millier de rebelles syriens, annoncée vendredi par Ankara, semble en revanche très incertaine, les dirigeants kurdes syriens ayant affirmé qu’aucun accord en ce sens n’avait été conclu.
Les djihadistes , qui ont lancé le 16 septembre une vaste offensive dans la région de Kobané, sont entrés le 6 octobre dans la troisième ville kurde de Syrie mais ils n’en contrôlent pour le moment que la moitié.
Ils concentrent depuis plusieurs jours leurs efforts sur le poste-frontière avec la Turquie, située au nord de la cité. Depuis vendredi soir, les djihadistes tirent des obus de mortier en direction du point de passage, dont ils veulent s’emparer pour couper la ville de la frontière turque.
Mesures de sécurité turques
En réaction, l’armée turque a pris des mesures de sécurité strictes dans le secteur et évacué samedi les collines environnantes, où la presse était déployée, repoussant les médias à plus d’un kilomètre de là.
Moins bien armées et moins nombreuses que les djihadistes , les forces kurdes doivent enfin recevoir d’ici quelques jours l’aide de peshmergas, des combattants du Kurdistan irakien.
Au nombre de 200 au maximum, selon un porte-parole de cette région autonome, ils devraient transiter par la Turquie, qui a autorisé leur passage. Mais Ankara refuse toujours de laisser passer des Kurdes d’autres nationalités et d’aider militairement les milices kurdes syriennes qu’elle assimile à des «terroristes», liés aux rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mènent une guérilla en Turquie depuis 1984.
Dans ce contexte, l’annonce par le président turc de l’arrivée de 1300 combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) -des opposants au président Bachar al-Assad- en renfort à Kobané a été accueillie fraîchement par les Kurdes syriens.
Un barrage stratégique
Ces derniers jugent plus judicieux que les rebelles syriens ouvrent d’autres fronts contre les djihadistes En Syrie, afin de «desserrer l’étau autour de Kobané». Les forces kurdes au sol sont aidées depuis fin septembre par des raids aériens de la coalition internationale, menée par les Etats-Unis.
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), la coalition a procédé à plus de 600 raids aériens et largué plus de 1700 bombes au total en Syrie et en Irak.
Au cours d’un de ces raids, présenté comme massif, la coalition a détruit un arsenal et un centre d’entraînement djihadiste, dans la région de Kirkouk (nord de l’Irak), larguant quelque 70 bombes, selon le chef d’état-major des armées françaises, Pierre de Villiers.
Vendredi et samedi, 22 raids aériens ont été menés en Irak, et un en Syrie, a ajouté le Centcom. Onze des bombardements ont visé des unités, bâtiments, positions et véhicules de l’EI près du barrage stratégique de Mossoul.
Deux villes reprises à l’EI
Aidées par un soutien aérien américain, les forces kurdes irakiennes ont pu reprendre samedi aux djihadistes la ville de Zoumar (60 km au nord-ouest de Mossoul) après des semaines de combats dans cette zone du nord de l’Irak.
De leur côté, les forces de sécurité irakiennes ont repris aux djihadistes l’essentiel de la ville de Djourf al Sakhar près de Bagdad, ont annoncé les autorités locales.
En dépit des frappes de la coalition, les djihadistes ont pu enregistrer des avancées dans d’autres secteurs de l’Irak ces derniers jours. Dans le nord, ils assiègent ainsi de nouveau le Mont Sinjar, où sont prises au piège des centaines de familles yazidies.
Moscou a indiqué samedi ne pas avoir donné son accord à l’envoi d’instructeurs russes pour former les troupes irakiennes, comme le lui a proposé le secrétaire d’Etat américain John Kerry, et a réitéré son refus de partager des informations de ses services de renseignements concernant l’EI.
(afp/Newsnet)




